Olivier Gardien, vigneron à Saint-Pourçain

“Si vous saviez comme nous sommes fiers de savoir que nos vins 100% auvergnats sont servis sur des tables à Hong-Kong, New-York ou Berlin”
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Pouvez-vous présenter le Domaine Gardien ?

Mon frère Christophe et moi, sommes la 4e génération depuis 1924. Le domaine a débuté en polyculture avec quelques pieds de vigne, avant que notre grand-père ne choisisse de se consacrer pleinement à la vigne après la Seconde Guerre mondiale. Mon père a été le premier à embouteiller en verre en 1968 : 220 bouteilles à l’époque. Aujourd’hui nous produisons jusqu’à 120 000 bouteilles par an, et, depuis 2009, le vignoble bénéficie de l’AOC Saint-Pourçain, une reconnaissance qui nous a ouvert le marché de l’export. Le domaine a également reçu la Certification Haute Valeur Environnementale.

Qu’est-ce qui caractérise vos vins ?

L’AOC Saint-Pourçain représente 600 hectares, dont nous cultivons 21. Nos vins tirent leur richesse de la double influence Loire et Bourgogne et de l’assemblage des cépages : chardonnay, pinot noir, gamay, sauvignon, et le tressallier, typique de l’Allier, indispensable à nos blancs.

Parmi les étapes de vinification, il y a une étape de filtration. À quel moment intervient-elle ?

Un vin proposé jeune passe par deux filtrations : la première pour éliminer les grosses particules, la seconde pour affiner sa limpidité. Pour les vins qui passeront en tonneau, la décantation se fait naturellement et la filtration vient finaliser les goûts, la couleur et la texture. Cette étape, adaptée chaque année selon le produit et l’année, est réalisée depuis 1993 avec de la terre de diatomée.

Quels avantages la filtration à la diatomite présente-t-elle ?

Par le passé, la filtration se faisait avec des filtres de cellulose. Lorsque nous avons changé de procédé, nous avons opté pour des filtres à base de terre, la diatomite s’imposant comme le meilleur compromis : qualité, simplicité, rapidité et économie. Cette terre de filtration donne en effet un excellent résultat.

Vous produisez donc des vins 100 % auvergnats ?

Oui, nous sommes heureux d’avoir réussi à bâtir une production 100% auvergnate. Les raisins et les tonneaux sont d’ici et la terre de filtration vient du Cantal, département que j’aime beaucoup visiter. Seuls les bouchons viennent du sud-ouest de la France. Nos vins portent l’empreinte de leur région, et c’est cet ancrage local auquel nos clients sont sensibles. Quelle est votre vision pour l’avenir ? Aujourd’hui, le vin n’est plus consommé par habitude mais il est choisi pour son histoire, sa singularité, ses cépages, son goût, ses accords… Les consommateurs sont devenus sélectifs et attentifs au soin apporté aux vins qu’ils dégustent. Nous nous sommes adaptés avec toujours plus de rigueur pour une production raisonnée, respectueuse des terres et une qualité toujours plus fine. Et nous devons continuer dans cette voie.

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