« La diatomite est là où la géologie la propose »

Rencontre avec Sandra Rimey, Secrétaire générale de Minéraux Industriels-France (MI-F)
Suivez le projet
Abonnez-vous aux actualités de Cantal, terre de diatomée

En vous inscrivant à ce service, vous acceptez que votre adresse mail soit utilisée par Imerys, le responsable de traitement, pour la gestion de votre inscription à la newsletter.

Quel est votre parcours ?

J’ai commencé dans le granulat, chez Lafarge, avant de diriger deux organisations professionnelles dans la chimie de la construction, et, depuis dix ans, l’association Minéraux Industriels-France. Dès mes débuts en 2000, j’ai été frappée par l’incohérence de certains opposants : ils utilisent quotidiennement les produits issus de l’industrie, tout en rejetant son implantation sur leur territoire. Une carrière, une usine…

 

Quel est le rôle du MIF aujourd’hui ?

Notre rôle est de représenter, accompagner et soutenir les entreprises qui produisent les minéraux industriels (andalousite, carbonates, diatomite, mica, kaolin, silice phonolite, pierre à chaux, etc.). Nous sommes à l’interface entre les entreprises, les pouvoirs publics et les populations. Les minéraux industriels sont au tout début des chaînes de valeur : sans eux, de nombreuses filières s’arrêtent.

 

Pourquoi ces minéraux sont-ils stratégiques pour la France et l’Europe ?

Les minéraux industriels représentent en France 180 carrières, 110 usines et 3 500 emplois directs, pour près de 2 milliards d’euros de chiffre d’affaires. Leur emprise foncière est très faible : environ 0,007 % de l’hexagone. Deux zéros après la virgule ! À l’instar de l’agriculture (60% de la surface nationale), notre activité est stratégique car nous contribuons directement à la vie des Français — à leur santé, à leur alimentation, à leurs loisirs, à leurs déplacements, etc. Ce secteur, modeste en apparence, est pourtant absolument essentiel : le verre, la peinture, la sidérurgie, la papeterie ou encore l’agroalimentaire dépendent de ces ressources.

 

La diatomite reste méconnue. Comment la définiriez-vous ?

Comme tous les minéraux industriels, c’est une matière première de base méconnue. Elle est pourtant indispensable dans la filtration haute pureté. Il s’agit d’une algue fossilisée de quelques micromètres qui possède des propriétés de filtration exceptionnelles. Ses caractéristiques physico-chimiques permettent une grande diversité d’usages nécessaires aux filières industrielles. La filtration est un maillon essentiel, commun à des métiers très différents — de la biologie à l’industrie, en passant par l’agroalimentaire et les biotechnologies — parce qu’elle permet de séparer, purifier, sécuriser et stabiliser des milieux complexes.

 

Pourquoi parle-t-on d’un minéral d’avenir ?

C’est un minéral du passé et d’avenir à la fois. La recherche permet de découvrir sans cesse de nouvelles applications, notamment dans les biotechnologies, la pharmacie ou l’agroalimentaire. La diatomite est un agent de filtration fiable, efficace et inoffensif pour la santé.

 

Quelle est la place du Cantal dans cette filière ?

Le Cantal est stratégique. C’est un territoire historique de la diatomite. Depuis plus de 130 ans, les sites de Murat et de Riom-ès-Montagnes approvisionnent la France et l’Europe et, avec le site ardéchois, assurent près de 80 % de la production européenne de diatomite élaborée. Les gisements sont rares et doivent répondre à des critères de pureté élevés pour répondre à des besoins d’intérêt national. La diatomite n’est pas à Dunkerque, elle est là où la géologie le propose : dans ce contexte, les élus du Cantal portent une responsabilité majeure en matière de souveraineté sanitaire, économique et industrielle de la France.

 

Quel message souhaitez-vous adresser aux Cantaliens ?

Quelle chance de posséder un tel héritage. La diatomite est bien plus qu’une ressource : la diatomite raconte l’histoire d’anciens lacs, de vies microscopiques devenues pierre, et d’un savoir-faire humain transmis de génération en génération. Elle est à la fois un patrimoine naturel, paléontologique, environnemental et industriel. S’en emparer et la valoriser, c’est en être collectivement fiers et dignes, c’est un bijou de caillou cantalien !

 

Comment voyez-vous l’avenir de la filière ?

L’avenir de notre secteur reste incertain. Pour le gisement de diatomite de Nouvialle, comme pour l’ensemble des substances produites en France, un point est essentiel : la richesse du sous-sol est uniquement déterminée par la géologie. Autrement dit, l’emplacement d’un gisement ne se choisit pas.

Partagez cette page
Ceci peut également vous intéresser
Réhabilitation de Foufouilloux
Saisissez un mot-clé et cliquez sur “Rechercher”